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Lettre ouverte au Conseil des gouverneurs du Collège Algonquin : programme de Music Industry Arts


 

Conseil des gouverneurs

Collège Algonquin

1385, avenue Woodroffe

Ottawa (Ontario) K2G 1V8 


Objet : Lettre ouverte – Avenir du programme Music Industry Arts du Collège Algonquin 


Madames, Monsieurs, Membres du Conseil des gouverneurs,


Comme la première étude sur les retombées économiques du secteur du spectacle le démontre, l’industrie et ses activités connexes constituent des contributeurs importants et en croissance à l’économie, à la culture et à la main-d’œuvre du Canada, générant 10,92 milliards de dollars au PIB, en soutenant plus de 101 000 emplois dans le secteur et produisant 3,7 milliards de dollars en recettes fiscales à l’échelle nationale. Ces résultats reposent sur une main-d’œuvre qualifiée et formée localement qui soutient les salles de spectacles, les festivals, les tournées et les événements en direct dans les communautés partout au pays.


Au nom de la Coalition de l’industrie musicale d’Ottawa (CIMO), Festivals d’Ottawa, Association canadienne de la musique sur scène et d’Optimal Show Experience, nous vous écrivons afin d’exprimer officiellement nos vives préoccupations concernant la proposition de mettre fin au programme Music Industry Arts du Collège Algonquin, qui sera étudiée lors de la réunion du Conseil des gouverneurs, le 23 février 2026 prochain.


Nous reconnaissons les défis financiers que fait face le Collège, notamment les contraintes structurelles du financement postsecondaire, les changements de politiques fédérales et provinciales ayant une incidence sur les inscriptions internationales, ainsi que la nécessité d’aligner l’offre de programmes sur les besoins du marché du travail et sur la viabilité financière. Il s’agit de circonstances difficiles et nous ne remettons pas en question la nécessité pour le Collège d’y répondre.


Cependant, le programme Music Industry Arts constitue un cas distinct. Contrairement à d’autres programmes qui peinent à maintenir leurs inscriptions ou leur pertinence sur le marché du travail, Music Industry Arts affiche une demande constante, d’excellents résultats pour ses diplômés, une forte intégration à l’industrie et a atteint ou dépassé ses cibles d’inscription depuis déjà 16 ans.


Ses diplômés représentent une part importante de la main-d’œuvre qualifiée qui alimente les festivals, les salles de spectacles, les événements live, le tourisme et l’économie créative d’Ottawa, des secteurs qui, depuis ces dernières années, ont fait face à des pénuries de main-d’oeuvre ainsi qu’à une hausse des coûts de production et aux chaines d’approvisionnement. La disparition d’un bassin local de formation fiable viendrait accentuer ces pressions à un moment où la municipalité investit activement dans des initiatives de développement urbain et économique qui dépendent d’une main-d’œuvre qualifiée pour livrer des événements, animer les espaces publics et soutenir l’économie culturelle, événementielle et touristique en pleine croissance à Ottawa. Ce risque est particulièrement important dans une région qui éprouve déjà des difficultés à retenir les talents à proximité de grands marchés comme Toronto et Montréal.


Du point de vue des industries créatives, le Collège Algonquin a été un partenaire précieux en matière de développement de la main-d’œuvre et de renforcement de l’écosystème local. Les membres de la CIMO sont prêts à collaborer avec le Collège afin de plaider, aux niveaux provincial et fédéral, pour des modèles de financement durables soutenant les programmes appliqués et alignés sur l’industrie, y compris, mais sans s’y limiter, Music Industry Arts. La CIMO croit que cette démarche doit s’appuyer sur des données probantes démontrant l’impact économique et les besoins en main-d’œuvre. Toutefois, cette collaboration dépend de l’existence continue de programmes comme Music Industry Arts. Sans eux, l’industrie perd une base de données essentielle et un partenaire constructif pour un plaidoyer commun.


Les conséquences de la suppression du programme Music Industry Arts seraient profondes et intergénérationnelles :

  • une réduction du bassin de travailleurs formés pour les festivals, salles de spectacles, événements et infrastructures culturelles ;

  • une hausse des coûts de recrutement et d’exploitation pour les employeurs locaux qui devront combler les postes par des solutions plus coûteuses ;

  • un affaiblissement de l’écosystème de la musique en direct et des événements à un moment où l’économie culturelle rebondit et où les investissements locaux augmentent ; et

  • la perte d’un programme respecté à l’échelle nationale, avec des inscriptions élevées et des résultats éprouvés ; 


Une fois démantelés, des programmes de ce niveau de spécialisation et d’intégration externe sont extrêmement difficiles, voire impossibles, à reconstruire.


En tant qu’instance de gouvernance responsable de l’orientation stratégique à long terme du Collège Algonquin, le Conseil des gouverneurs joue un rôle clé dans l’équilibre entre les pressions financières immédiates, la mission institutionnelle et l’impact communautaire.


Nous vous invitons respectueusement à suspendre et à reconsidérer la recommandation de mettre fin au programme Music Industry Arts, et à mandater le Collège pour qu’il collabore avec les intervenants de l’industrie, les diplômés et les partenaires économiques afin d’explorer des solutions permettant de préserver le programme tout en répondant aux réalités financières.


Les décisions prises aujourd’hui façonneront le développement de la main-d’œuvre et les écosystèmes culturels à Ottawa et ailleurs pour les décennies à venir. Nous espérons que le Conseil choisira une voie qui reflète la responsabilité financière, le partenariat et un engagement à long terme envers des programmes qui démontrent une valeur réelle pour les étudiants, les employeurs et l’ensemble de la communauté.

 

Cordialement,


Mélanie Brulée

Directrice générale, Coalition de l’industrie de la musique d’Ottawa | Semaine de la musique de la Capitale


Tara Shannon

Directrice générale, Réseau des Festivals d’Ottawa


Erin Benjamin

Présidente, directrice générale, Association de la musique sur scène


Ying (Livia) Zheng

Directrice des finances, Optimal Show Experience

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